En partance

Viens-t'en nous aimer ailleurs, N'importe où, mais loin des villes ; Viens-t'en sous des deux meilleurs.
Ici les âmes sont viles, Ici le vent est chargé De conseils bas et serviles ;
Ici j'ai le cœur rongé D'un mal indéfinissable : Je ne sais pas ce que j'ai.
Ô chants des flots sur le sable, Vous m'aurez bientôt guéri, Si mon cœur est guérissable ;
Si mon cœur endolori Trouve au bord des eaux calmantes, Si mon cœur trouve un abri.
Et toi, la fleur des amantes. Flambeau de ma vie, ô toi, Mon conseil dans les tourmentes,
À ce cœur en désarroi Donne un peu de ton courage Et donne un peu de ta foi !
Les vents mauvais ont fait rage. Toutes mes amours, débris ! Et tous mes bonheurs, mirage !
Mon cœur, des bourreaux l'ont pris, Traîné, piétiné, de sorte Qu'il n'est que haine et mépris.
Ô rêves morts, candeur morte ! Lui ne s'est pas débattu, Tant sa souffrance était forte !
Longtemps, longtemps, il s'est tu. Pas une plainte ; aucun geste. Sois-lui fidèle : vois-tu,
C'est le seul bien qui lui reste.
❧
❧