J'ai dans l'âtre encore vide et sévère

Des lettres où l'amour mentait, des roses sèches Hier âme odorante et gloire de l'été, Et d'anciens vers écrits jadis avec fierté.
Le feu, d'un arc subit, a décoché ses flèches. Le mur s'est d'une pourpre ardente ensanglanté, La chambre a ri du seuil profond aux angles sombres, Des torches ont paru courir dans les miroirs, La flamme d'un vol rouge a pourchassé les ombres Et lustré d'or le bois luisant des meubles noirs.
Mon être s'imprégnait d'une chaleur légère, Je bénissais la flamme . Et voici, Tout à coup, que le beau brasier s'est obscurci.
Sa cendre en bleuissant palpite sur la pierre, La nuit tombe, et, morose alors, le cœur transi Par ce brusque et funèbre adieu de la lumière, Sous la vitre qui verse un suprême jour gris, Je reste seul, le front pesant et les mains jointes, Méditant le destin trop bref de ces esprits Qui, frères des foyers nourris, Font de grandes clartés soudaines, vite éteintes.

Les mots et tournures soulignés sont expliqués : survolez-les ou touchez-les. Voir le glossaire

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