Dans la clairière

À Adolphe Willette.
Pour plus d'agilité, pour le loyal duel, Les témoins ont jugé qu'Elles se battraient nues. Les causes du combat resteront inconnues ; Les deux ont dit : « Motif tout individuel. »
La blonde a le corps blanc, plantureux, sensuel ; Le sang rougit ses seins et ses lèvres charnues. La brune a le corps d'ambre et des formes ténues ; Les cheveux noirs-bleus font ombre au regard cruel.
Cette haie où l'on a jeté chemise et robe, Ce corps qui tour à tour s'avance ou se dérobe, Ces seins dont la fureur fait se dresser les bouts,
Ces battements de fer, ces sifflantes caresses, Tout paraît amuser ce jeune homme à l'œil doux Qui fume en regardant se tuer ses maîtresses.
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