À ma femme endormie
Tu dors en croyant que mes vers
Vont encombrer tout l'univers
De désastres et d'incendies ;
Elles sont si rares pourtant
Mes chansons au soleil couchant
Et mes lointaines mélodies.
Mais si je dérange parfois
La sérénité des cieux froids,
Si des sons d'acier ou de cuivre
Ou d'or, vibrent dans mes chansons,
Pardonne ces hautes façons,
C'est que je me hâte de vivre.
Et puis tu m'aimeras toujours.
Éternelles sont les amours
Dont ma mémoire est le repaire ;
Nos enfants seront de fiers gas
Qui répareront les dégâts,
Que dans ta vie a faits leur père.
Ils dorment sans rêver à rien,
Dans le nuage aérien
Des cheveux sur leurs fines têtes ;
Et toi, près d'eux, tu dors aussi,
Ayant oublié, le souci
De tout travail, de toutes dettes.
Moi je veille et je fais ces vers
Qui laisseront tout l'univers
Sans désastre et sans incendie ;
Et demain, au soleil montant
Tu souriras en écoutant
Cette tranquille mélodie.
Les mots et tournures soulignés sont expliqués : survolez-les ou touchez-les. Voir le glossaire
❧
Pour prolonger la lecture
Choisis pour leur proximité de ton, de thème ou de voix.
À Madame N. Menessier
"Madame, il est heureux, celui dont la pensée"
Amour
Ciel
Lumière
Sonnet à mon ami R
"J'avais toujours rêvé le bonheur en ménage,"
Amour
Ciel
Condition humaine
À Jeanne Lemerre
"(Pour le jour de son mariage)"
Amour
Lune
Lyrique
Se laisser surprendre
Explorez par affinité de thèmes, d'émotions, d'époque et de mouvement
❧