Le calme
Ma muse dort comme une marmotte de mon pays... Comme il vous plaira , ma verve ; ce qu'il y a de sûr, C'est que je ne ferai rien sans vous. Jean-François Ducis.
Souvent un grand désir de choses inconnues,
D'enlever mon essor aussi haut que les nues,
De ressaisir dans l'air des sons évanouis,
D'entendre, de chanter mille chants inouïs,
Me prend à mon réveil ; et voilà ma pensée
Qui, soudain rejetant l'étude commencée,
Et du grave travail, la veille interrompu,
Détournant le regard comme un enfant repu,
Caresse avec transport sa belle fantaisie
Et veut partir, voguer en pleine poésie.
À l'instant le navire appareille : et d'abord
Les câbles sont tirés, les ancres sont à bord,
La poulie a crié ; la voile suspendue
Ne demande qu'un souffle à la brise attendue,
Et sur le pont tremblant tous mes jeunes nochers
S'interrogent déjà vers l'horizon penchés.
Adieu, rivage, adieu ! — Mais la mer est dormante,
Plus dormante qu'un lac ; mieux vaudrait la tourmente !
Mais d'en haut, ce jour-là, nul souffle ne répond ;
La voile pend au mât et traîne sur le pont.
Debout, croisant les bras, le pilote, à la proue,
Contemple cette eau verte où pas un flot ne joue,
Et que rasent parfois de leur vol lourd et lent
Le cormoran plaintif et le gris goéland.
Tout le jour il regarde, inquiet du voyage,
S'il verra dans le ciel remuer un nuage,
Ou frissonner au vent son beau pavillon d'or ;
Et quand tombe la nuit, morne, il regarde encor
La quille où s'épaissit une verdâtre écume,
Et la pointe du mât qui se perd dans la brume.
Les mots et tournures soulignés sont expliqués : survolez-les ou touchez-les. Voir le glossaire
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Pour prolonger la lecture
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Avant que mon adieu salue
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Ciel
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Désir
"Ah ! si j'avais des paroles,"
Amour
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À Madame Aguado
"Colonne de saphir, d'arabesques brodée,"
Ciel
Lune
Lyrique
Se laisser surprendre
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