À Victor Hugo (II)
Votre génie est grand, Ami ; votre penser
Monte, comme Élysée, au char vivant d'Élie ;
Nous sommes devant vous comme un roseau qui plie ;
Votre souffle en passant pourrait nous renverser.
Mais vous prenez bien garde, Ami, de nous blesser ;
Noble et tendre, jamais votre amitié n'oublie
Qu'un rien froisse souvent les cœurs et les délie ;
Votre main sait chercher la nôtre et la presser.
Comme un guerrier de fer, un vaillant homme d'armes,
S'il rencontre, gisant, un nourrisson en larmes,
Il le met dans son casque et le porte en chemin,
Et de son gantelet le touche avec caresses ;
La nourrice serait moins habile aux tendresses ;
La mère n'aurait pas une si douce main.
Octobre 1829.
Les mots et tournures soulignés sont expliqués : survolez-les ou touchez-les. Voir le glossaire
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