Tu m'aimes, je ne puis mourir

Las de défendre ma jeunesse Contre un mal qui la dévorait, J'allais sans regret, sans tristesse, Quitter un monde sans attrait. Je succombais, mais à la vie, Un lien qui la fait chérir, Rattache mon âme ravie :
Du nouveau jour qui m'environne Que les rayons sont éclatants ! Mon front ranimé se couronne De l'espoir d'un autre printemps. Quels parfums promet le feuillage De ces lilas qui vont fleurir ! J'aurai ma part de leur ombrage :
Mais tes pleurs mouillent mon visage, Tu t'alarmes de sa pâleur ; Ah ! Bravons ce fatal présage ; Que peut contre moi la douleur ? Crois-tu que ma vie appartienne Au dieu qui me l'allait ravir ? Je te la dois, elle est la tienne :
Désormais sois ma Providence, Je me livre à toi sans retour ; Tu m'as sauvé, mon existence Est un bienfait de ton amour. Ose les refermer sans crainte Ces bras que tu viens de m'ouvrir ; Qui pourrait briser leur étreinte ?
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