Paysage normand
À Ernest Chesneau.
J'aime à suivre le bord des petites rivières
Qui cheminent sans bruit dans les bas-fonds herbeux.
À leur fil d'argent clair viennent boire les bœufs,
Et tournoyer le vol des jaunes lavandières.
J'en sais qui passent loin des grands fleuves bourbeux,
Diaphanes miroirs des plantes printanières,
Et les reines des prés s'y penchent les premières
En écoutant jaser cinq ou six flots verbeux.
Ma petite rivière à la mer pour voisine :
Plus d'un martin-pêcheur vêtu d'algue marine
Coupe, sans y songer, le vol du goëland ;
Et parfois, ébloui de l'immensité bleue,
L'oiseau dépaysé, d'un brusque tour de queue,
Vers les saules remonte et va tout droit filant.
Les mots et tournures soulignés sont expliqués : survolez-les ou touchez-les. Voir le glossaire
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