Paul Éluard
Poèmes de Paul Éluard (100)
Classés par titre (A–Z).
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À celle dont ils rêventNeuf cent mille prisonniers Cinq cent mille politiques Un million de travailleurs Maîtresse de leur sommeil Donne-leur des forces d’homme Le bonheur d’être sur terre Donne-leur dans l’ombre immense…
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À côtéÀ CÔTÉ La nuit plus longue et la route plus blanche. Lampes je suis plus près de vous que la lumière. Un papillon l’oiseau d’habitude Roue brisée de ma fatigue De bonne humeur place Signal vide et…
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À faire rire la certaineÀ faire rire la certaine, Était-elle en pierre? Elle s’effondra.
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À la minuteL’instrument Comme tu le vois. Espérons Et Espérons Adieu Ne t’avise pas Que les yeux Comme tu le vois Le jour et la nuit ont bien réussi. Je le regarde je le vois.
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À la fin de l’annéeÀ la fin de l’année de jour en jour plus bas, il enfouit sa chaleur comme une graine À la fin de l’année I Nous avançons toujours Un fleuve plus épais qu’une grasse prairie Nous vivons d’un seul jet…
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Air vifJ’ai regardé devant moi Dans la foule je t’ai vue Parmi les blés je t’ai vue Sous un arbre je t’ai vue Au bout de tous mes voyages Au fond de tous mes tourments Au tournant de tous les rires Sortant…
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Animal ritLe monde rit, Le monde est heureux, content et joyeux La bouche s’ouvre, ouvre ses ailes et retombe. Les bouches jeunes retombent, Les bouches vieilles retombent. Un animal rit aussi, Étendant la…
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Au coeur de mon amourUn bel oiseau me montre la lumière Elle est dans ses yeux, bien en vue. Il chante sur une boule de gui Au milieu du soleil. * * * * * Les yeux des animaux chanteurs Et leurs chants de colère ou…
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AraignéeDécouverte dans un oeuf, L’araignée n’y entrera plus.
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Au défaut du silenceJe me suis enfermé dans mon amour, je rêve. Qui de nous deux inventa l’autre ? Visage perceur de murailles. Ta chevelure d’oranges dans le vide du monde Dans le vide des vitres lourdes de silence Et…
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Avec tes yeuxAvec tes yeux je change comme avec les lunes Et je suis tour à tour et de plomb et de plume, Une eau mystérieuse et noire qui t’enserre Ou bien dans tes cheveux ta légère victoire.
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AvisLa nuit qui précéda sa mort Fut la plus courte de sa vie L’idée qu’il existait encore Lui brûlait le sang aux poignets Le poids de son corps l’écœurait Sa force le faisait gémir C’est tout au fond de…
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Ce n’est pas la poésie quiAvec des yeux pareils Que tout est semblable École de nu. Tranquillement Dans un visage délié Nous avons pris des garanties Un coup de main aux cheveux rapides La bouche de voluptueux inférieur joue…
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Bouche uséeLe rire tenait sa bouteille À la bouche riait la mort Dans tous les lits où l’on dort Le ciel sous tous les corps sommeille Un clair ruban vert à l’oreille Trois boules une bague en or Elle porte…
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Bêtes et méchantsVenant du dedans Venant du dehors C’est nos ennemis Ils viennent d’en haut Ils viennent d’en bas De près et de loin De droite et de gauche Habillés de vert Habillés de gris La veste trop courte Le…
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Celle qui n’a pas la paroleLes feuilles de couleur dans les arbres nocturnes Et la liane verte et bleue qui joint le ciel aux arbres, Le vent à la grande figure Les épargne. Avalanche, à travers sa tête transparente La…
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CertitudeSi je te parle c’est pour mieux t’entendre Si je t’entends je suis sûr de te comprendre Si tu souris c’est pour mieux m’envahir Si tu souris je vois le monde entier Si je t’étreins c’est pour me…
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Chant naziLe vol fou d’un papillon La fenêtre l’évasion Le soleil interminable La promesse inépuisable Et qui se joue bien des balles Cerne les yeux d’un frisson L’arbre est neuf l’arbre est saignant Mes…
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ChevalCheval seul, cheval perdu, Malade de la pluie, vibrant d’insectes, Cheval seul, vieux cheval. Aux fêtes du galop, Son élan serait vers la terre, Il se tuerait. Et, fidèle aux cailloux, Cheval seul…
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Chien IISonnettes, bras ballants, on ne vient pas jusqu’ici, Sonnettes, portes ouvertes, rage de disparaître. Tous les chiens s’ennuient Quand le maître est parti.
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ChatPour ne poser qu’un doigt dessus Le chat est bien trop grosse bête. Sa queue rejoint sa tête, Il tourne dans ce cercle Et se répond à la caresse. Mais, la nuit l’homme voit ses yeux dont la pâleur…
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Chien IChien chaud, Tout entier dans la voix, dans les gestes De ton maître, Prends la vie comme le vent, Avec ton nez. Reste tranquille.
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CourageParis a froid Paris a faim Paris ne mange plus de marrons dans la rue Paris a mis de vieux vêtements de vieille Paris dort tout debout sans air dans le métro Plus de malheur encore est imposé aux…
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Dans la dansePetite table enfantine, il y a des femmes dont les yeux sont comme des morceaux de sucre, il y a des femmes graves comme les mouvements de l’amour qu’on ne surprend pas il y a des femmes au visage…
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ConduireLa rue est bientôt là, À la rue le cheval. Plus beau que le corbeau Il lui faut un chemin. Fine jambe, léger héros Qui suit son maître vers le repos. La rue est bientôt là: On y court, on y marche,…
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Denise disait aux merveilles :Le soir traînait des hirondelles. Les hiboux Partageaient le soleil et pesaient sur la terre Comme les pas jamais lassés d’un solitaire Plus pâle que nature et dormant tout debout. Le soir traînait…
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Dit de la force de l’amourEntre tous mes tourments entre la mort et moi Entre mon désespoir et la raison de vivre Il y a l’injustice et ce malheur des hommes Que je ne peux admettre il y a ma colère Il y a les maquis couleur…
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Entre autresÀ l’ombre des arbres Comme au temps des miracles, Au milieu des hommes Comme la plus belle femme Sans regrets, sans honte, J’ai quitté le monde. —Qu’avez-vous vu? —Une femme jeune, grande et belle En…
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FuirL’araignée rapide, Pieds et mains de la peur, Est arrivée. L’araignée, Heureuse de son poids, Reste immobile Comme le plomb du fil à plomb. Et quand elle repart, Brisant tous les fils, C’est la…
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Giorgio de ChiricoUn mur dénonce un autre mur Et l’ombre me défend de mon ombre peureuse. Ô tour de mon amour autour de mon amour, Tous les murs filaient blanc autour de mon silence. Toi, que défendais-tu? Ciel…
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Homme utileTu ne peux plus travailler. Rêve, Les yeux ouverts, les mains ouvertes Dans le désert, Dans le désert qui joue Avec les animaux – les inutiles. Après l’ordre, après le désordre, Dans les champs…
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L’amiLa photographie: un groupe. Si le soleil passait, Si tu bouges. Fards. À l’intérieur, blanche et vernie, Dans le tunnel. «Au temps des étincelles On débouchait la lumière.» Postérité, mentalité des…
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Facile est bienFacile est beau sous tes paupières Comme l’assemblée du plaisir Danse et la suite J’ai dit la fièvre Le meilleur argument du feu Que tu sois pâle et lumineuse Mille attitudes profitables Mille…
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IntérieurDans quelques secondes Le peintre et son modèle Prendront la fuite. Plus de vertus Ou moins de malheurs J’aperçois une statue Une sorte d’amande Une médaille vernie Pour le plus grand ennui.
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Je t’aimeJe t’aime pour toutes les femmes Que je n’ai pas connues Je t’aime pour tout le temps Où je n’ai pas vécu Pour l’odeur du grand large Et l’odeur du pain chaud Pour la neige qui fond Pour les…
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L’égalité des sexesTes yeux sont revenus d’un pays arbitraire Où nul n’a jamais su ce que c’est qu’un regard Ni connu la beauté des yeux, beauté des pierres, Celle des gouttes d’eau, des perles en placards, Des pierres…
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L’AmoureuseElle est debout sur mes paupières Et ses cheveux sont dans les miens, Elle a la forme de mes mains, Elle a la couleur de mes yeux, Elle s’engloutit dans mon ombre Comme une pierre sur le ciel. Elle a…
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L’EntenteI Au centre de la ville la tête prise dans le vide d’une place Ne sachant pas ce qui t’arrête ô toi plus forte qu’une statue Tu donnes à la solitude un premier gage Mais c’est pour mieux la renier…
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L’habitudeToutes mes petites amies sont bossues: Elles aiment leur mère. Tous mes animaux sont obligatoires, Ils ont des pieds de meuble Et des mains de fenêtre. Le vent se déforme, Il lui faut un habit sur…
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L’inventionLa droite laisse couler du sable. Toutes les transformations sont possibles. Loin, le soleil aiguise sur les pierres sa hâte d’en finir. La description du paysage importe peu, Tout juste l’agréable…
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L’ombre aux soupirsSommeil léger, petite hélice, Petite, tiède, cœur à l’air. L’amour de prestidigitateur, Ciel lourd des mains, éclairs des veines, Courant dans la rue sans couleurs, Pris dans sa traîne de pavés, Il…
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L’impatientSi triste de ses faux calculs Qu’il inscrit ses nombres à l’envers Et s’endort. Une femme plus belle Et n’a jamais trouvé, Cherché les idées roses des quinze ans à peine, Ri sans le savoir, sans un…
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La bénédictionÀ l’aventure, en barque, au nord. Dans la trompette des oiseaux Les poissons dans leur élément. L’homme qui creuse sa couronne Allume un brasier dans la cloche, Un beau brasier-nid-de-fourmis. Et le…
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L’uniqueElle avait dans la tranquillité de son corps Une petite boule de neige couleur d’œil Elle avait sur les épaules Une tache de silence une tache de rose Couvercle de son auréole Ses mains et des arcs…
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La courbe de tes yeuxLa courbe de tes yeux fait le tour de mon coeur, Un rond de danse et de douceur, Auréole du temps, berceau nocturne et sûr, Et si je ne sais plus tout ce que j’ai vécu C’est que tes yeux ne m’ont pas…
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La grande maison inhabitableAu milieu d’une île étonnante Que ses membres traversent Elle vit d’un monde ébloui. La chair que l’on montre aux curieux Attend là comme les récoltes La chute sur les rives. En attendant pour voir…
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La mort dans la conversationQui a votre visage? La bonne et la mauvaise La belle imaginable Gymnastique à l’infini Dépassant en mouvements Les couleurs et les baisers Les grands gestes la nuit.
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La mort, l’amour, la vieJ’ai cru pouvoir briser la profondeur de l’immensité Par mon chagrin tout nu sans contact sans écho Je me suis étendu dans ma prison aux portes vierges Comme un mort raisonnable qui a su mourir Un…
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La malédictionUn aigle, sur un rocher, contemple l’horizon béat. Un aigle défend le mouvement des sphères. Couleurs douces de la charité, tristesse, lueurs sur les arbres décharnés, lyre en étoile d’araignée, les…
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La ParoleJ’ai la beauté facile et c’est heureux. Je glisse sur les toits des vents Je glisse sur le toit des mers Je suis devenue sentimentale Je ne connais plus le conducteur Je ne bouge plus soie sur les…
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La vieSourire aux visiteurs Qui sortent de leur cachette Quand elle sort elle dort. Chaque jour plus matinale Chaque saison plus nue Plus fraîche Pour suivre ses regards Elle se balance.
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La terre est bleueLa terre est bleue comme une orange Jamais une erreur les mots ne mentent pas Ils ne vous donnent plus à chanter Au tour des baisers de s’entendre Les fous et les amours Elle sa bouche d’alliance…
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La petite chérieLa petite chérie arrive à Paris. Paris fait du bruit. Paris fait du bruit La petite chérie traverse la rue. La bruit tombe en pluie. La bruit tombe en pluie La petite chérie est sur le trottoir Où de…
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Le sourd et l’aveugleGagnerons-nous la mer avec des cloches Dans nos poches, avec le bruit de la mer Dans la mer, ou bien serons-nous les porteurs D’une eau plus pure et silencieuse? L’eau se frottant les mains aiguise…
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Le fou parleC’est ma mère, monsieur, avec ma fiancée Elles passent là-bas, l’une à l’autre pressée. La jeune m’a giflé, la vieille m’a fessé. Je vous jure pourtant que je les aimais bien; Mais, constamment,…
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Le jeu de constructionÀ Raymond Roussel. L’homme s’enfuit, le cheval tombe, La porte ne peut pas s’ouvrir, L’oiseau se tait, creusez sa tombe, Le silence le fait mourir. Un papillon sur une branche Attend patiemment…
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Les armes de la douleurA la mémoire de Lucien Legros fusillé pour ses dix-huit ans. I Daddy des Ruines Hommes au chapeau trouvé Homme aux orbites creuses Homme au feu noir Homme au ciel vide Corbeau fait pour vivre vieux…
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Les belles balances de l’ennemiDes saluts font justice de la dignité Des bottes font justice de nos promenades Des imbéciles font justice de nos rêves Des goujats font justice de la liberté Des privations ont fait justice des…
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Lequels ?Pendant qu’il est facile Et pendant qu’elle est gaie Allons nous habiller et nous déshabiller.
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Les moutonsFerme les yeux visage noir Ferme les jardins de la rue L’intelligence et la hardiesse L’ennui et la tranquillité Ces tristes soirs à tout moment Le verre et la porte vitrée Confortable et sensible…
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LimiteSonge aux souffrances taillées sous des voiles fautifs Aux petits amateurs de rivières tournantes Où promenade pour noyade Nous irons sans plaisir Nous irons ramer Dans le cou des eaux Nous aurons un…
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LibertéSur mes cahiers d’écolier Sur mon pupitre et les arbres Sur le sable sur la neige J’écris ton nom Sur toutes les pages lues Sur toutes les pages blanches Pierre sang papier ou cendre J’écris ton nom…
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Mascha riait aux angesL’heure qui tremble au front du temps tout embrouillé Un bel oiseau léger plus vif qu’une poussière Traîne sur un miroir un cadavre sans tête Des boules de soleil adoucissent ses ailes Et le vent de…
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Max ErnstDans un coin l’inceste agile Tourne autour de la virginité d’une petite robe Dans un coin le ciel délivré Aux épines de l’orage laisse des boules blanches. Dans un coin plus clair de tous les yeux On…
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ManieAprès des années de sagesse Pendant lesquelles le monde était aussi transparent qu’une aiguille Roucouler s’agit-il d’autre chose? Après avoir rivalisé rendu grâces et dilapidé le trésor Plus d’une…
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ModèleLes filets des arbres ont pris beaucoup d’oiseaux Natures, Les pattes des oiseaux ont pris les branches sûres À leurs os.
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LuireTerre irréprochablement cultivée, Miel d’aube, soleil en fleurs, Coureur tenant encore par un fil au dormeur (Nœud par intelligences) Et le jetant sur son épaule: «Il n’a jamais été plus neuf, Il n’a…
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Mon dernier poèmeJ’ai peint des terres désolées et les hommes sont fatigués de la joie toujours éloignée. J’ai peint des terres désolées où les hommes ont leurs palais. J’ai peint des cieux toujours pareils, la mer…
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Nudité de la vérité«Je le sais bien» Le désespoir n’a pas d’ailes, L’amour non plus, Pas de visage, Ne parlent pas, Je ne bouge pas, Je ne les regarde pas, Je ne leur parle pas Mais Je suis bien aussi vivant que mon…
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Nous avons fait la nuitNous avons fait la nuit je tiens ta main je veille Je te soutiens de toutes mes forces Je grave sur un roc l’étoile de tes forces Sillons profonds où la bonté de ton corps germera Je me répète ta…
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MouilléLa pierre rebondit sur l’eau, La fumée n’y pénètre pas. L’eau, telle une peau Que nul ne peut blesser Est caressée Par l’homme et par le poisson. Claquant comme corde d’arc, Le poisson, quand l’homme…
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OiseauCharmée… Oh! Pauvre fille! Les oiseaux mettent en désordre Le soleil aveuglant du toit, Les oiseaux jouent à remplacer Le soleil plus léger que l’huile Qui coule entre nous.
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NulCe qui se dit: J’ai traversé la rue pour ne plus être au soleil. Il fait trop chaud, même à l’ombre. Il y a la rue, quatre étages et ma fenêtre au soleil. Une casquette sur la tête, une casquette à…
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Oeil de sourdFaites mon portrait. Il se modifiera pour remplir tous les vides. Faites mon portrait sans bruit, seul le silence À moins que—s’il—sauf—excepté— Je ne vous entends pas. Il s’agit, il ne s’agit plus.…
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PlumesL’homme voudrait être sorti D’un fouillis d’ailes. Très haut, le vent coule en criant Le long d’une aile. Mais la mère n’était pas là Quand le nid s’envola, Mais le ciel battait de l’aile Quand le…
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ParfaitUn miracle de sable fin Transperce les feuilles les fleurs Éclôt dans les fruits Et comble les ombres. Tout est enfin divisé Tout se déforme et se perd Tout se brise et disparaît La mort sans…
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PerspectiveUn millier de sauvages S’apprêtent à combattre. Ils ont des armes, Ils ont leur cœur, grand cœur, Et s’alignent avec lenteur Devant un millier d’arbres verts Qui, sans en avoir l’air, Tiennent encore…
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Plus près de nousCourir et courir délivrance Et tout trouver tout ramasser Délivrance et richesse Courir si vite que le fil casse Au bruit que fait un grand oiseau Un drapeau toujours dépassé.
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PorcDu soleil sur le dos, du soleil sur le ventre, La tête grosse et immobile Comme un canon, Le porc travaille.
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Porte ouverteLa vie est bien aimable Venez à moi, si je vais à vous c’est un jeu, Les anges des bouquets dont les fleurs changent de couleur.
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PoèmesLe cœur sur l’arbre vous n’aviez qu’à le cueillir, Sourire et rire, rire et douceur d’outre-sens. Vaincu, vainqueur et lumineux, pur comme un ange, Haut vers le ciel, avec les arbres. Au loin, geint…
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Poule IHélas! ma soeur, bête bête, Ce n’est pas à cause de ton chant, De ton chant pour l’oeuf Que l’homme te croit bonne.
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Poule IIIl faut que la poule ponde: Poule avec ses fruits mûrs, Poule avec notre gain.
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PoissonLes poissons, les nageurs, les bateaux Transforment l’eau. L’eau est douce et ne bouge Que pour ce qui la touche. Le poisson avance Comme un doigt dans un gant, Le nageur danse lentement Et la voile…
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Pourquoi suis-je si belle ?Pourquoi suis-je si belle ? Parce que mon maître me lave.
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Prête aux baisers résurrecteursPauvre je ne peux pas vivre dans l’ignorance Il me faut voir entendre et abuser T’entendre nue et te voir nue Pour abuser de tes caresses Par bonheur ou par malheur Je connais ton secret pas coeur…
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Pour vivre iciTon rire est comme un tourbillon de feuilles mortes Froissant l’air chaud, l’enveloppant, quand vient la pluie. Amer, tu annules toute tragédie, Et ton souci d’être un homme, ton rire l’emporte. Je…
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Puisqu’il le fautDans le lit ton corps se simplifie Sexe liquide univers de liqueur Liant des flots qui sont auteur de corps Entiers complets de la nuque aux talons Grappe sans peau grappe-mère en travail Grappe…
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Raison de plusLes lumières en l’air, L’air sur un tour moitié passé, moitié brillant, Faites entrer les enfants, Tous les saluts, tous les baisers, tous les remerciements. Autour de la bouche Son rire est toujours…
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SalonAmour des fantaisies permises, Du soleil, Des citrons, Du mimosa léger. Clarté des moyens employés : Vitre claire, Patience Et vase à transpercer. Du soleil, des citrons, du mimosa léger Au fort de…
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Sans musiqueLes muets sont des menteurs, parle. Je suis vraiment en colère de parler seul Et ma parole Éveille des erreurs, Mon petit cœur.
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RubansL’alarme matérielle où, sans excuse, apparaît la douleur future. C’est bien: presque insensible. C’est un signe de plus de dignité. Aucun étonnement, une femme ou un gracieux enfant de toile fine et…
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RondeSous un soleil ressort du paysage Une femme s’emballe Frise son ombre avec ses jambes Et d’elle seule espère les espoirs les plus mystérieux. Je la trouve sans soupçons sans aucun doute amoureuse Au…
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Sans rancuneLarmes des yeux, les malheurs des malheureux. Malheurs sans intérêt et larmes sans couleurs. Il ne demande rien, il n’est pas insensible, Il est triste en prison et triste s’il est libre. Il fait un…
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Silence de l’évangileNous dormons avec des anges rouges qui nous montrent le désert sans minuscules et sans les doux réveils désolés. Nous dormons. Une aile nous brise, évasion, nous avons des roues plus vieilles que les…
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SuiteDormir, la lune dans un œil et le soleil dans l’autre, Un amour dans la bouche, un bel oiseau dans les cheveux, Parée comme les champs, les bois, les routes et la mer, Belle et parée comme le tour du…
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Sur la maison du rireSur la maison du rire Un oiseau rit dans ses ailes. Le monde est si léger Qu’il n’est plus à sa place Et si gai Qu’il ne lui manque rien.
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SurgisSurgis d’une seule eau Comme une jeune fille seule Au milieu de ses robes nues Comme une jeune fille nue Au milieu des mains qui la prient Je te salue Je brûle d’une flamme nue Je brûle de ce qu’elle…
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SourdineComme il fait moins froid ce soir! Et comme les étoiles brillent! Il fera beau demain matin Dessus l’avenue de Versailles. Il fera beau. . . (Et l’air se perd comme une bille.) Quand il fait beau,…
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Ta foiSuis-je autre chose que ta force? Ta force dans tes bras, Ta tête dans tes bras, Ta force dans le ciel décomposé, Ta tête lamentable, Ta tête que je porte. Tu ne joueras plus avec moi, Héroïne…
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