Amable Tastu
Poèmes de Amable Tastu (67)
Classés par titre (A–Z).
-
A Béranger en prisonSur nos faubourgs l'aube venait de luire ; Son gai rayon sur ta couche brillait, Et dans ton cœur une voix semblait dire : « C'est aujourd'hui le quatorze juillet ; Ce beau soleil vit tomber la…
-
A François-René de ChateaubriandOui, si dans mes beaux jours, comme aujourd'hui, poète, Vous m'étiez apparu, mains jointes devant vous, Vous alors, à mes yeux, ange, saint ou prophète, J'aurais courbé la tête Et fléchi les genoux.…
-
À ma MuseMuse, est-ce vous ? dans ces bois dépouillés Où l'Aquilon au loin gronde et murmure, D'un long regard, aux bosquets effeuillés, Vous demandez-leur riante parure. C'est vainement. L'impitoyable hiver…
-
A Monsieur François Guizot« S'il a plu à Dieu de nous honorer de quelques-uns de ses beaux dons, qu'ils ne soient consacrés qu'à notre propre perfectionnement et à rendre heureux ceux qui nous entourent, qui ont droit à…
-
À M. Victor HugoHeureux qui, dans l'essor d'une verve facile, Soumet à ses pensers un langage docile ; Qui ne sent point sa voix expirer dans son sein, Ni la lyre impuissante échapper à sa main, Et cherchant cet…
-
À Prud'honMessager discret et fidèle, Dit un jour Amour au Zéphir, Je veux étonner l'avenir Du prix que j'accorde à ton zèle ! A mes yeux tu l'as mérité, Quand j'ai vu mes aveux timides Et les soupirs de la…
-
ChantCharme puissant qui nous maîtrise, Esprit léger, Pareil au duvet, que les brises Font voltiger ; Pauvre de tes douceurs absentes, Que j'ai passé de nuits pesantes, Que de longs jours ! De ces jours,…
-
DécouragementIls me l'ont dit : parfois, d'un mot qui touche, J'ai réveillé le sourire ou les pleurs, Quelques doux airs ont erré sur ma bouche, Sous mes pinceaux quelques fraîches couleurs. Ils me l'ont dit !…
-
D'où vient que l'âme humaineD'où vient que l'âme humaine est ainsi disposée, Que jamais ses regards troublés et mécontents N'ont pu s'accoutumer à la marche du temps ? Sur l'éternel chemin, chaque borne posée Nous attriste.…
-
FantaisieLa paix, toujours et vainement briguée, La paix me fuit ; oh ! je suis fatiguée ! Je voudrais vivre, et ne veux plus courir : Vivre, pour moi, serait ne rien entendre, Ne rien prévoir, surtout ne…
-
GermanicusPourquoi des anciens jours réveiller la mémoire ? Ma voix suffirait elle à leur immense gloire ? Laissez, laissez dormir les antiques douleurs, Ne forcez point mes yeux à se mouiller de pleurs. Parti…
-
InvocationOh ! ne puis-je étouffer les vains bruits de la vie, Éloigner son calice amer, Fuir cette route obscure, où je suis asservie, Pour des aspects plus doux, un horizon plus clair ! Viens donc, oh !…
-
Julia AlpinulaSoleil, tu disparais sous l'aile de la nuit, Et mon triste regard vainement te poursuit. Demain ces monts d'azur te reverront encore ; Mais Julia demain ne verra pas l'aurore. De mes jours…
-
La barqueMon œil rêveur suit la barque lointaine Qui vient à moi, faible jouet des flots ; J'aime à la voir déposer sur l'arène D'adroits pécheurs, de joyeux matelots. Mais à ma voix, nulle voix qui réponde !…
-
La chambre de la châtelaine« Délivrez-moi de ma lourde parure ; Ces longs habits, cette riche coiffure, Doublent encore la fatigue du soir. L'heure s'avance, et déjà du manoir Les murs épais sont enveloppés d'ombre. Seuls, du…
-
La fleur du volcanHumble et chétive fleur, par le sort condamnée, Sur le flanc d'un volcan pourquoi donc es-tu née ? Qu'as-tu fait à ce sort, dont l'injuste dédain Te refusa l'enclos d'un rustique jardin ? Au gré de…
-
La France et l'industrieQui la méconnaîtrait cette terre sacrée, Si chère à la valeur, des beaux-arts honorée, Qu'un rayon du soleil, un seul cri des combats, Couvre soudain de fleurs, de fruits et de soldats ; Qui,…
-
La gloireQui ! Moi, moi l'envier, la chercher ou l'attendre ? Moi, d'un immense écho flatter ma faible voix ? Non, je n'y prétends point, mais je crois la comprendre ; Et je m'applaudis de mon choix ! Porter…
-
La guirlandeJe connais dans les bois, sur le front des montagnes, La fleur qui sert d'asile aux songes incertains. Cours, ô jeune beauté, dépouille les campagnes ; Que leurs dons parfumés s'assemblent sous tes…
-
Lai de la mort d'AmourMerci, gentilles Jouvencelles, M'avez reçu dans le châtel. Soyez tendres autant que belles, Saurez les chants du ménestrel ; Les retins de mon noble maître, Car ai tout appris dans sa cour ; Vous…
-
La jeune filleQu'elle est gracieuse et belle ! Est-il rien d'aussi beau qu'elle ? Me diras-tu, matelot, Sur ta galère fidèle, Si la galère, ou le flot, Ou l'étoile est aussi belle ? Me diras-tu, chevalier, Toi…
-
La jeune mère mouranteDes feux du soir l'horizon se colore ; J'entends gronder un tonnerre lointain ; L'air embrasé semble irriter encore Ce mal brûlant qui dévore mon sein. Un bruit, un mot, tout accroît mon martyre :…
-
La Liberté, ou le Serment des trois SuissesIls étaient là tous trois ! A travers les nuages, La lune révélait sur leurs mâles visages D'un héroïque espoir les présages vainqueurs : Sous leurs habits grossiers battaient de nobles cœurs. Un…
-
La lyre égaréeVierges du Pinde, où cachez-vous ma Lyre ? L'ai-je égarée aux bosquets que j'aimais ? De son destin ne sauriez-vous m'instruire ? M'est-elle donc enlevée à jamais ? Pour la trouver, de la double…
-
La mansardeLe temps ce soir est gros d'orage ; Déjà, sous cet épais nuage, Il gronde là-bas faible et sourd : L'éclair est pâle, le ciel lourd, Et l'air muet, qu'en vain j'implore, Au front du prochain monument…
-
La marinièreJe veux me fier A cette galère, Et d'un marinier Etre marinière. Il faut, ô ma mère, Pour ne pas rester, Que de te quitter L'amour me requière ! Cet enfant altier Me tient prisonnière, Et d'un…
-
La mendianteLe jour fuit, la nuit tombe, et ses ombres glacées Ajoutent leur tristesse à mes tristes pensées ! Pour moi, tout est besoin, souffrance, isolement, Mon feu s'éteint, mon corps languit sans aliment,…
-
La merViens ! ô viens avec moi sur la mer azurée ; Qu'aux vents capricieux ma barque soit livrée. Tu seras ma compagne, alors que le soleil Colore l'Océan de son éclat vermeil, Ou lorsque, s'échappant de…
-
La mer (2)Laissez, ne troublez pas l'heure qui m'est donnée ; Que je puisse au bonheur reprendre un peu de foi ! Innombrables liens dont ma vie est gênée, Pensers de chaque instant, soins de chaque journée,…
-
La mortQuand de la vie essayant le voyage, L'enfant sourit à son naissant destin, La Mort est là ; comme un léger nuage Elle apparaît à l'horizon lointain : Sans redouter cette ombre fugitive, Qu'aperçoit…
-
La neigeSi peu nombreux encore, tes jours coulent bien sombres, Jeune année, et ton front est enveloppé d'ombres. De ces nuages noirs, qui déguisent les cieux, Descendant les frimas à flots silencieux. Comme…
-
L'ange gardienÔ qu'il est beau cet esprit immortel, Gardien sacré de notre destinée ! Des fleurs d'Eden sa tête est couronnée, Il resplendit de l'éclat éternel. Dès le berceau sa voix mystérieuse, Des vœux confus…
-
La passionDe force, au chemin qui nous coule, Pourquoi, Seigneur, nous pousser tous ? Si le Christ a fraye la route, Il savait ! Et que savons-nous ? Il souffrait pour sauver le monde, Pour laver la tache…
-
La pauvretéLa voilà, dites-vous ? Quoi ! c'est la jeune fille, Dont j'admirai naguère, au sein de sa famille, Dans leur pure fraîcheur les attraits séduisants ? Se peut-il que déjà cette fleur soit fanée, Et…
-
La PoésieDéjà tu la connais, tu grandis sous son aile, Jeune enfant aux yeux noirs ; demeure-lui fidèle : Les fils de l'Hélicon, de leurs plus doux accords, A tes heureuses mains ont livré les trésors. Mais…
-
La veille de NoëlEntre mes doigts guide ce lin docile, Pour mon enfant tourne, léger fuseau ; Seul tu soutiens sa vie encore débile, Tourne sans bruit auprès de son berceau. Les entends-tu, chaste Reine des anges ;…
-
La VéroniqueLe jour paraît, Zéphir s'éveille, Abandonne le sein des fleurs, Où, s'enivrant de leurs odeurs ; Il sommeillait depuis la veille. Sur son aile il porta cent fois Aux Dieux l'encens d'un sacrifice,…
-
Le BardeNe blâmez point la molle rêverie Qui m'aide à fuir les pensers glorieux : Je ne puis rien aux maux de ma patrie ; Je veux du moins en détourner les yeux. Festins, où naît l'éclatante saillie,…
-
L'écho de la harpePauvre harpe du barde, au lambris suspendue, Tu dormais, dès longtemps poudreuse et détendue. D'un souffle vagabond la brise de la nuit Sur ta corde muette éveille un léger brait : Telle dort en mon…
-
Le Christ au tombeauSeigneur, Seigneur ! Se peut-il que l'on meure ? Quittez enfin cette étroite demeure, Venez à nous ! Christ, Fils de Dieu, né du sein d'une femme, Qu'attend le ciel, que la terre réclame,…
-
Le dernier jour de l'annéeDéjà la rapide journée Fait place aux heures du sommeil, Et du dernier fils de Vannée S'est enfui le dernier soleil. Près du foyer, seule, inactive, Livrée aux souvenirs puissants, Ma pensée erre,…
-
Le printempsViens, charmante saison, jeunesse de l'année, Viens animer encore le luth des Troubadours, Des fleurs que tu fais naître accours environnée, Elles seront le prix de nos chansons d'amours. Voici venir…
-
L'Ermitage de Notre-Dame-de-ConsolationConnaissez-vous ces monts dont la tête immobile Oppose son silence au bruit des flots mouvants ? Au sein de leurs rochers est un pieux asile Cher aux êtres souffrants. C'est là que chaque jour de…
-
Le rossignolSur l'azur plus pâle des cieux Le crépuscule étend son voile, Des bergers la bleuâtre étoile Pare son front silencieux. Des oiseaux le peuple sonore Suspend ses concerts éclatants, Seul, un Rossignol…
-
Les deux PoètesJ'aime à voir dans ces chants, nobles fils du génie, Qu'enfantait immortels l'aveugle d'Ionie, L'impétueux Ajax ceindre le fer d'Hector Et parer le Troyen de son baudrier d'or ; J'aime, après ces…
-
Les feuilles de sauleL'air était pur ; un dernier jour d'automne, En nous quittant, arrachait la couronne Au front des bois ; Et je voyais d'une marche suivie Fuir le soleil, la saison et ma vie, Tout à la fois. Près…
-
Les oiseaux du sacreVieux Temple, antique honneur de la cité royale Où Clovis inclina sa tête martiale Et sentit, sous la main du pontife sacré, L'onde sainte mouiller son front régénéré : N'as-tu pas vu, du sein de ta…
-
L'espéranceLoin de moi, séduisante fée, Loin de moi ton prisme imposteur ! Trop souvent ton souris menteur Apaisa ma plainte étouffée. Pourquoi te plaire à m'égarer, Pourquoi ces perfides caresses ? Je ne crois…
-
Les saisons du NordConnaissez-vous ces bords qu'arrose la Baltique, Et dont les souvenirs, aimés du Barde antique, Ont réveillé la harpe amante des torrents ? Connaissez-vous ces champs qu'un long hiver assiège,…
-
Les tombeaux d'une familleTous en beauté croissaient ensemble, Sous le toit qui leur était cher ; Cherchez quel tombeau les rassemble ! Les monts, les fleuves et la mer ! Au soir, la même et tendre mère Suivait sous l'ombre…
-
Le tempsOh ! pourquoi de ce Temps, l'étoffe de la vie, Ne pouvons-nous, dis-moi, jouir à notre envie, Sans le déchirer par lambeau ? Des trois formes qu'emprunte une essence commune, Passé, présent, futur,…
-
Le Temps pascalChrétien, la cloche t'appelle, Viens donc, viens donc, Viens prier à la chapelle, Viens chercher le saint pardon. C'est pour l'Église romaine L'instant du deuil et des pleurs, Que cet instant qui…
-
L'étoile de la lyreSur les monts vaporeux la nuit jette ses voiles ; Mon œil suit lentement sa marche dans les cieux ; Et je vois s'avancer, resplendissant d'étoiles, Son char silencieux. Le vent du soir émeut les…
-
L'OdalisqueAux bords du Bendemir est un berceau de roses Que jusqu'au dernier jour on me verra chérir ; Le chant du rossignol, dans ses fleurs demi-closes, Charme les flots du Bendemir. J'aimais à m'y bercer…
-
L'orageL'éclair luit, le tonnerre gronde ! Le voile d'une nuit profonde S'étend sur la face des cieux. D'où vient qu'en mon âme oppressée S'agite l'image effacée De jours déjà loin de nies yeux ? Ces jours,…
-
Lyon en 1793Qui les a vus franchir la puissante limite ? Comment de nos soldats ont-ils vaincu l'élite, Ces nombreux bataillons de guerriers inconnus ? Jusqu'aux murs de Lyon comment sont-ils venus ? Quoi ! déjà…
-
MigrationsDites-moi, bords féconds de l'antique Neustrie, Voisins des flots amers, Ce que va demander, si loin de sa patrie, Tout ce peuple à vos mers ? L'Alsace, dès longtemps, vaillante sentinelle Du pays…
-
Mon royaumeUn jour aussi je voulus être Reine : D'ambition quel cœur n'est entaché ? Je me suis fait un Empire caché, Monde inconnu, hors a sa Souveraine : Mon Trône, est humble et n'a rien d'éclatant ; Mais…
-
PlainteÔ monde ! ô vie ! ô temps ! fantômes, ombres vaines, Qui lassez, à la fin, mes pas irrésolus, Quand reviendront ces jours où vos mains étaient pleines, Vos regards caressants, vos promesses certaines…
-
PréludeLasse enfin de courir, vagabonde pensée, Ne reprendras-tu point ton allure passée ? Ton pas doit-il fouler le pavé des chemins, Et ta main, sans pudeur, toucher toutes les mains ? N'as-tu pas…
-
Que je voudrais te voirQue je voudrais te voir, quand la tardive aurore Annonce le réveil de nos derniers beaux jours ! Ces derniers jours si doux, bien que déjà si courts, A tes côtés, pour moi, seraient plus doux encore…
-
RêverieAlors que sur les monts l'ombre s'est abaissée, Des jours qui ne sont plus s'éveille la pensée ; Le temps fuit plus rapide, il entraîne sans bruit Le cortège léger des heures de la nuit. Un songe…
-
Scènes du PasséVerts gazons où fleurit la blanche marguerite, Ombrage qu'au printemps la violette habite, Vallons, bocage, humble sentier, Dont la mousse reçoit cette pluie argentine Qui tombe au gré des vents du…
-
Sur la mort de madame DufrénoyUne brise inconnue a passé sur la lyre, La lyre lui répond par un lugubre accord, Et de vagues terreurs tout bas semblent me dire : C'est un souffle de mort ! Je vois sur l'Hélicon un long crêpe…
-
Ton beau frontQue de ses blonds anneaux ton beau front se dégage ; Au ciel, jeune Mary, lève tes grands yeux bleus ! Vois-tu sur l'horizon monter ce blanc nuage, Dont le soleil naissant teint les flancs onduleux ?…
-
Une chronique d'amourDans le vaste manoir tout se tait ou sommeille, Tout, hormis la fontaine au murmure argentin, Ou le vent, messager des roses qu'il éveille, Mêlant au bruit de l'eau quelque soupir lointain. Il est…
-
WindsorVieux château de Windsor, dont les pierres gothiques Éveillent d'Albion les harpes romantiques, Livre au barde étranger quelque grand souvenir, Qu'il puisse avec ses chants léguer à l'avenir. Naguère…
Affichage de 1 à 20 sur 67 poèmes