L'autre
Viens, mon George. Ah ! les fils de nos fils nous enchantent,
Ce sont de jeunes voix matinales qui chantent.
Ils sont dans nos logis lugubres le retour
Des roses, du printemps, de la vie et du jour !
Leur rire nous attire une larme aux paupières
Et de notre vieux seuil fait tressaillir les pierres ;
De la tombe entr'ouverte et des ans lourds et froids
Leur regard radieux dissipe les effrois ;
Ils ramènent notre âme aux premières années ;
Ils font rouvrir en nous toutes nos fleurs fanées ;
Nous nous retrouvons doux, naïfs, heureux de rien ;
Le coeur serein s'emplit d'un vague aérien ;
En les voyant on croit se voir soi-même éclore ;
Oui, devenir aïeul, c'est rentrer dans l'aurore.
Le vieillard gai se mêle aux marmots triomphants.
Nous nous rapetissons dans les petits enfants.
Et, calmés, nous voyons s'envoler dans les branches
Notre âme sombre avec toutes ces âmes blanches.
Les mots et tournures soulignés sont expliqués : survolez-les ou touchez-les. Voir le glossaire
❧
Pour prolonger la lecture
Choisis pour leur proximité de ton, de thème ou de voix.
La viste
"C'est elle, c'est la mer ! Enfin tu m'es rendue,"
Condition humaine
Enfance
Lyrique
Le livre perdu
"Si vous l'avez trouvé, rapportez-moi mon livre,"
Condition humaine
Enfance
Lumière
Adieu
"Oui, j'ai quitté ce port tranquille,"
Condition humaine
Exil
Lyrique
Se laisser surprendre
Explorez par affinité de thèmes, d'émotions, d'époque et de mouvement
❧