En sortant du collège (II)

(Deuxième lettre)
Elle habite en soupirant La mansarde mitoyenne. Parfois sa porte, en s'ouvrant, Pousse le coude à la mienne.
Elle est fière ; parlons bas. C'est une forme azurée Qui, pour des bas, Arrive de l'.
J'y songe quand le jour naît, J'y rêve quand le jour baisse. Change en casque son bonnet, Tu croirais voir la Sagesse.
Sa cuirasse est un ; Elle sort avec la ruse D'avoir une vieille au bras Qui lui tient lieu de Méduse.
On est sens dessus dessous Rien qu'à voir la mine Dont elle prend pour deux sous De persil chez la fruitière.
Son beau regard transparent Est grave sans airs moroses. On se la figure errant Dans un bois de lauriers-roses.
Pourtant, comme nous voyons Que parfois de ces Palmyres Il peut tomber des rayons, Des baisers et des sourires ;
Un drôle, un étudiant, Rôde sous ces chastes voiles ; Je hais fort ce mendiant Qui tend sa main aux étoiles.
Je ne sors plus de mon trou. L'autre jour, étant en verve, Elle m'appela : Hibou. Je lui répondis : Minerve.

Les mots et tournures soulignés sont expliqués : survolez-les ou touchez-les. Voir le glossaire

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