C'est l'hiver

Dansez ! Dans le bal béant Tourbillonnent les paroles De la joie et du néant.
L'homme flotte dans la voie Où l'homme errant se perdit ; En bas le plaisir flamboie, En haut l'amour resplendit.
Le plaisir, clarté hagarde Du faux rire et des faux biens, Dit au noir passant : Prends garde ! L'amour rayonne et dit: Viens !
Ces deux lueurs, sur la lame Guidant l'hydre et l', Nous éclairent ; toute l'âme Vogue à ce double rayon.
Mer ! j'ai fui loin des Sodomes ; Je cherche tes grands tableaux ; Mais ne voit-on pas les hommes Quand on regarde les flots ?
Les spectacles de l'abîme Ressemblent à ceux du cour ; Le vent est le fou sublime, Le jonc est le-nain moqueur.
Comme un ami l'onde croule ; Sitôt que le jour s'enfuit La mer n'est plus qu'une foule Qui querellé dans la nuit ;
Le désert de l'eau qui souffre Est plein de cris et de voix, Et parle dans tout le gouffre A toute l'ombre à la fois.
Que dit-il ? Dieu seul recueille Ce blasphème ou ce sanglot ; Dieu seul répond à la feuille, Et Dieu seul réplique au flot.

Les mots et tournures soulignés sont expliqués : survolez-les ou touchez-les. Voir le glossaire

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