Après avoir souffert

Tranquille, et du néant de l'homme convaincu, Tu dis je ne sais rien ! — Et je te félicite, Ô lutteur, ô penseur, de cette réussite.
Maintenant, sans regret, sans désir, humblement, Bienveillant pour la nuit et pour l'aveuglement, Tu médites, vibrant au vent comme une lyre ; Tu savoures l'azur, le jour, l'astre ; et sans lire Les papyrus hébreux, grecs, arabes, indous, Tu regardes le ciel mystérieux et doux ; Et par l'immensité ton âme est dilatée Au point d'emplir de flamme et d'aube un monde athée. Tes jardins sentent bon, et sont tout chevelus De lierres, de jasmins et de ; Mai fleurit tes lilas, août mûrit tes pommes ; Et, pendant que le tas tumultueux des hommes Crie : abattons ! tuons ! exterminons ! broyons ! Toi, parmi les parfums et parmi les rayons, Voilà que tu finis et que tu te reposes, Vieux, dans une , et sage, dans les roses.

Les mots et tournures soulignés sont expliqués : survolez-les ou touchez-les. Voir le glossaire

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