Vénus couchée

L'été brille ; perce de mille traits, En haine de sa sœur, les vierges des forêts, Et dans leurs flancs brûlés de flammes vengeresses Il allume le sang des jeunes . Dans les sillons rougis par les feux de l'été, Entouré d'un essaim, le bœuf ensanglanté Marche les pieds brûlants sous de folles morsures. Tout succombe : au lointain les Nymphes sans ceintures Avec leurs grands cheveux par le soleil flétris Épongent leurs bras nus dans les fleuves taris, Et, fuyant deux à deux le sable des rivages, Vont cacher leurs ardeurs dans les sauvages. Dans le fond des forêts, sous un ciel morne et bleu, Vénus, les yeux mourants et les lèvres en feu, S'est couchée au milieu des grandes touffes d'herbe Ainsi qu'une panthère indolente et superbe. Dénouant son et son manteau vermeil, Elle laisse agacer par les traits du soleil Les beaux reins d'un enfant qui dort sur sa poitrine, Et tandis que frémit sa lèvre , Un ruisseau murmurant sur un lit de graviers, Amoureux de , vient lui baiser les pieds. Sur son beau sein de neige Éros maître du monde Repose, et les anneaux de sa crinière blonde Brillent, et cependant qu'un doux ami Caresse la guerrière et son fils endormi, Près d'eux gisent parmi l'herbe verte et la menthe Les traits souillés de sang et la torche fumante.

Les mots et tournures soulignés sont expliqués : survolez-les ou touchez-les. Voir le glossaire

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