Ballade sur les hôtes mystérieux de la forêt

Il chante encor, l'essaim railleur des fées, Bien protégé par l'épine et le houx Que le caresse par bouffées. Diane aussi, l'épouvante des loups, Au fond des bois cache son cœur jaloux. Son culte vit dans plus d'une chaumière. Quand les sont baignés de lumière, A l'heure calme où la lune paraît, Échevelée à travers la clairière, Diane court dans la noire forêt.
De et de feuilles coiffées, La froide et l' aux yeux doux Mènent le bal, follement , Et près du nain, dont les cheveux sont roux, Les verts dansent et font les fous. On voit passer une figure , Et l'on entend au bord de la rivière Un long sanglot, un soupir de regret Et des pas sourds qui déchirent du lierre : Diane court dans la noire forêt.
Diane, au bois récoltant ses trophées, Entend le cerf gémissant fuir ses coups Et se pleurer en plaintes étouffées. Un vent de glace a rougi ses genoux ; Ses lévriers, ivres de son , Sont accourus à sa voix familière. La grande Nymphe à la fauve paupière Sur son arc d'or assujettit le trait ; Puis, secouant sa mouvante crinière, Diane court dans la noire forêt.
Envoi :
Prince, il est temps, fuyons cette poussière Du carrefour, et la forêt de pierre. Sous le feuillage et sous l' secret, Nous trouverons la ville hospitalière ; Diane court dans la noire forêt.

Les mots et tournures soulignés sont expliqués : survolez-les ou touchez-les. Voir le glossaire

❧
❧