Pluviôse

Il pleut. Il pleut à petit bruit Sur le vieux chemin de traverse...
— Quel Dieu, pour nous punir te verse, Ô campagne, le jour, la nuit, Cette pluie à si menu bruit ?
— C’est comme un chagrin qui nous suit Et goutte à goutte nous transperce, Un gris sans fin qui porte en lui Tant de lassitude et d’ennui Que le cœur tout entier s’y noie.
— Un linceul d’eau grise tournoie Sur les vieux chemins qui se noient...
— Ô luisantes feuilles de soie Qui dans le soleil et la joie Brodaient les vergers lourds de fruits ! Jardinet rose autour d’un puits...
— Se peut-il que l’hiver s’emploie À gâcher tous les coins de joie ?
— On va, songeant aux nids détruits. La corde pleure sur le puits, Les arbres pleurent dans la plaine...
— Comme dans le cœur de Verlaine, Il pleut, il pleure à petit bruit. C’est comme un chagrin qui nous suit... Et peut-être aussi qui nous mène,
— Vers où, vers quoi, si tôt, si tard ? Au glas persistant des gouttières Un château se meurt quelque part !
— Des s’effondrent, épars...
— Et des yeux gris, dans le brouillard, (Est-ce une toile de Carrière ?) Regardent au loin, quelque part, Vers la ville aux jaunes lumières...

Les mots et tournures soulignés sont expliqués : survolez-les ou touchez-les. Voir le glossaire

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