La pensée
Un soir, vaincu par le labeur Où s'obstine le front de l'homme, Je m'assoupis, et dans mon somme M'apparut un bouton de fleur. C'était cette fleur qu'on appelle Pensée ; elle voulait s'ouvrir, Et moi je m'en sentais mourir : Toute ma vie allait en elle. Echange invisible et muet : À mesure que ses pétales Forçaient les ténèbres natales, Ma force à moi diminuait. Et ses grands yeux de velours sombre Se dépliaient si lentement Qu'il me semblait que mon tourment Mesurât des siècles sans nombre. « Vite, ô fleur, l'espoir anxieux De te voir éclore m'épuise ; Que ton regard s'achève et luise Fixe et profond dans tes beaux yeux ! » Mais, à l'heure où de sa paupière Se déroulait le dernier pli, Moi, je tombais enseveli Dans la nuit d'un sommeil de pierre.
❧
Pour prolonger la lecture
Choisis pour leur proximité de ton, de thème ou de voix.
Le passé
"Oh ! comment retenir cet ange qui s'enfuit ?"
Temps
Mémoire
Deuil
Les yeux
"Le soleil des beaux yeux ne brûle que l'été."
Nature
Temps
Beauté
À Georges
"Mon doux Georges, viens voir une ménagerie"
Nature
Mémoire
Condition humaine
Se laisser surprendre
Explorez par affinité de thèmes, d'émotions, d'époque et de mouvement
- XIXe siècle
- Parnasse
- Lyrique
- Temps
- Mémoire
- Beauté
- Mélancolie
- Nuit
❧