La Grande Chartreuse

J'ai vu, tels que des morts réveillés par le glas, Les moines, lampe en main, se ranger en silence, Puis pousser, comme un vol de corbeaux qui s'élance, Leurs noirs qui plaisent au cœur las.
Le néant dans le cloître a sonné sous mes pas ; J'ai connu la cellule, où le calme commence, D'où le monde nous semble une mêlée immense Dont le vain dénouement ne nous regarde pas.
La blancheur des grands murs m'a hanté comme un rêve ; J'ai senti dans ma vie une trêve : L'avant-goût du a réjoui mes os.
Mais, adieu ! Le soldat court où le canon gronde : Je retourne où j'entends la bataille du monde, Sans pitié pour mon cœur affamé de repos.

Les mots et tournures soulignés sont expliqués : survolez-les ou touchez-les. Voir le glossaire

❧
❧