À ma sœur

Ces vers que toi seule aurais lus, L'œil des indifférents les tente ; Sans gagner un ami de plus J'ai donc trahi ma confidente.
Enfant, je t'ai dit qui j'aimais, Tu sais le nom de la première ; Sa grâce ne mourra jamais Dans mes yeux qu'avec la lumière.
Ah ! si les jeunes gens sont fous, Leur enthousiasme s'expie ; On se meurtrit bien les genoux Quand on veut saluer la vie.
J'ai cru dissiper cet amour ; Voici qu'il retombe en rosée, Et je sens son muet retour Où chaque larme s'est posée.
❧
❧