Ainsi soit-il

Je suis devin, mes chers amis ; L'avenir qui nous est promis Se découvre à mon art subtil. Ainsi soit- il !
Plus de poète adulateur ; Le puissant craindra le flatteur ; Nul courtisan ne sera vil.
Plus d'usuriers, plus de joueurs, De petits banquiers grands seigneurs, Et pas un commis incivil.
L'amitié, charme de nos jours, Ne sera plus un froid discours Dont l'infortune rompt le fil.
La fille, novice à quinze ans, A dix-huit, avec ses amants, N'exercera que son .
Femme fuira les vains ; Et son mari, pendant huit jours, Pourra s'absenter sans péril.
L'on montrera dans chaque écrit Plus de génie, et moins d'esprit, Laissant tout jargon puéril.
L'auteur aura plus de fierté, L'acteur moins de ; Le critique sera civil.
On rira clos erreurs des grands, On leurs agents, Sans voir arriver l'.
En France enfin renaît le goût ; La justice règne partout, Et la vérité sort d'exil.
Or, mes amis, bénissons Dieu, Qui met chaque chose en son lieu : Celles-ci sont pour l'an trois mille.

Les mots et tournures soulignés sont expliqués : survolez-les ou touchez-les. Voir le glossaire

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