Que me servent mes vers
Que me servent mes vers et les sons de ma Lyre,
Quand nuit et jour je change et de mœurs et de peau,
Pour aimer sottement un visage si beau !
Que l'homme est malheureux qui pour l'amour soupire !
Je pleure, je me deuls (1), je suis plein de martyre,
Je fais mille Sonnets, je me romps le cerveau,
Et ne suis point aimé : un amoureux nouveau
Gagne toujours ma place, et je ne l'ose dire.
Madame en toute ruse a l'esprit bien appris,
Qui toujours cherche un autre, après qu'elle m'a pris.
Quand d'elle je brûlais, son feu devenait moindre ;
Mais ores que je feins n'être plus enflammé,
Elle brûle de moi. Pour être bien aimé,
Il faut aimer bien peu, beaucoup promettre et feindre.
1. Deuls : Du verbe douloir (se désoler, gémir).
Les mots et tournures soulignés sont expliqués : survolez-les ou touchez-les. Voir le glossaire
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Pour prolonger la lecture
Choisis pour leur proximité de ton, de thème ou de voix.
Je veux pousser par l'univers ma peine
"Plus tôt qu'un trait ne vole au décocher ;"
Amour
Condition humaine
Feu
Bien qu'à grand tort il te plaît d'allumer
"Dedans mon cœur, siège à ta seigneurie,"
Amour
Ciel
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Si Pirithois ne fût aux enfers descendu
"Sonnet LXX."
Amour
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Lune
Se laisser surprendre
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