Élégie du printemps

À la sœur d'Astrée.
Printemps, fils du Soleil, que la terre arrosée De la fertile humeur d'une douce rosée, Au milieu des œillets et des roses conçut, Quand Flore entre ses bras nourrice vous reçut, Naissez, croissez, Printemps, laissez-vous apparaître : En voyant Isabeau vous pourrez vous connaître, Elle est votre miroir, et deux lis assemblés Ne se ressemblent tant que vous : Tous les deux n'êtes qu'un, c'est une même chose. La rose que voici ressemble à cette rose, Le diamant à l'autre, et la fleur à la fleur : Le Printemps est le frère, Isabeau est la sœur.
On dit que le Printemps, pompeux de sa richesse, Orgueilleux de ses fleurs, enflé de sa jeunesse, Logé comme un grand prince en ses vertes maisons, Se vantait le plus beau de toutes les saisons, Et se glorifiant le contait à ; Le Ciel en fut , qui soudain le vint dire À la mère Nature. Elle, pour rabaisser L'orgueil de cet enfant, va partout ramasser Les biens qu'elle serrait de et mainte année.

Les mots et tournures soulignés sont expliqués : survolez-les ou touchez-les. Voir le glossaire

❧
❧