Rayons d’octobre (III)

Écoutez : c’est le bruit de la joyeuse Qui, dans le poudroîment d’une lumière d’or, Aussi vive au travail que preste à la bourrée, Bat en chantant les blés du riche .
Quel gala ! pour décor, le chaume qui s’effrange ; Les ormes, les tilleuls, le jardin, le fruitier Dont la verdure éparse enguirlande la grange, Flotte sur les ruisseaux et jonche le sentier.
Pour musique le souffle errant des matinées ; La chanson du cylindre égrenant les épis ; Les oiseaux et ces bruits d’abeilles mutinées Que font les gais enfants dans les meules tapis.
En haut, sur le que sa pointe échevèle, La fourche enlève et tend l’ondoyant . En bas, la paille roule et glisse par Et vole avec la balle en léger tourbillon.
Sur l’aire, les garçons dont le torse se cambre, Et les filles, leurs soeurs rieuses, déliant L’orge blonde et l’avoine aux fines grappes d’ambre, Font un groupe à la fois pittoresque et riant.
En ce concert de franche et rustique liesse, La paysanne donne une note d’amour. Parmi ces rudes fronts hâlés, sa Évoque la fraîcheur matinale du jour.
De la batteuse les incessantes saccades Ébranlent les massifs du bâtiment. Le grain doré jaillit en superbes cascades. Tous sont fiers des surplus inouïs du froment.
Déjà tous les greniers sont pleins. Les gens de peine Chancellent sous le poids des . Au milieu Des siens, le père, heureux, à mesure plus pleine, Mesure et serre à part la du bon Dieu.
Il va, vient. Soupesant la précieuse charge Et tournant vers le ciel son fier visage brun, Le paysan bénit Celui dont la main large Donne au pieux semeur trente pour un.

Les mots et tournures soulignés sont expliqués : survolez-les ou touchez-les. Voir le glossaire

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