À Coquelin

Tu ne nous connais pas, mais elle est bien connue Ta vogue et celle des Hading et des Patry. Donc, au rival de Got, salut ! et bienvenue Aux sœurs de Jane Essler et de Rose Chéri !
Tu ne nous connais pas ; mais notre oreille est presque Accoutumée au bruit lointain des grands succès De l'acteur qui, dans son brio , Incarne excellemment le esprit français.
Tu nous remets au cœur des noms que nul n'oublie : Feuillet, Jules Sandeau, les deux Dumas, Sardou, Et l'auteur du Chapeau de paille d'Italie, Et l'auteur de Diane, et l'auteur de Frou-frou.
Maître, nous saluerons en toi l'exubérance De ces maîtres charmeurs, de ces maîtres esprits, Dont les pleurs ont fait tant pleurer la tendre France, Dont le rire a tant fait rire le gai Paris.
Clair et vrai, riche et chaud, ton large et souple verbe, Comme celui des plus harmonieux , Magistral dans le drame, exquis dans le proverbe, Interprète à ravir ces brillants amuseurs.
Bravo ! Dans ta finesse et ta désinvolture Éclatent aux regards de tous, ô Coquelin, Le vrai tempérament, la complexe nature Du Gaulois né joyeux, du Français né malin.

Les mots et tournures soulignés sont expliqués : survolez-les ou touchez-les. Voir le glossaire

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