Le soleil sur les pierres

Sur les rocs, comme au ciel, le monarque du feu Se donne, ici, libre carrière. L'œil cuit, caché sous la paupière, Aux fulgurants reflets du grisâtre et du bleu.
Fourmillements d'éclairs de miroirs, de Et de diamants... il en pleut ! L'astre brûle : sa roue sa chaleur fière, Autant du tour que du moyeu.
Ni nuage, ni vent, ni brume, ni poussière ! Il s'étale, entre comme il veut, Doublé, répercuté partout, et rien ne peut Faire un écran à sa lumière.
Pas l'ombre d'un lézard ou d'un serpent, si peu Que ce soit ! d'aucune manière ! Pas une libellule au repos comme au jeu ! Rien, pas même une fourmilière !
Pas un spectre d', pas un fil de bruyère ! Le nu des braises, c'est ce lieu Où la Mort à foison réalise son vœu De solitude bien entière.
Là, sans même un torrent qui gronde à son milieu, Triomphe inertement l'éternelle matière. Désert, vide, silence et splendeur : l'astre-dieu Mire son infini dans l'enfer de la pierre.

Les mots et tournures soulignés sont expliqués : survolez-les ou touchez-les. Voir le glossaire

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