La jeune châtelaine
« Je vous défends, châtelaine,
De courir seule au grand bois. »
M'y voici, tout hors d'haleine,
Et pour la seconde fois.
J'aurais manqué de courage
Dans ce long sentier perdu ;
Mais que j'en aime l'ombrage !
Mon seigneur l'a défendu.
« Je vous défends, belle mie,
Ce rondeau vif et moqueur. »
Je n'étais pas endormie
Que je le savais par cœur.
Depuis ce jour je le chante ;
Pas un refrain n'est perdu :
Dieu ! que ce rondeau m'enchante !
Mon seigneur l'a défendu.
« Je vous défends sur mon page
De jamais lever les yeux. »
Et voilà que son image
Me suit, m'obsède en tous lieux.
Je l'entends qui, par mégarde,
Au bois s'est aussi perdu :
D'où vient que je le regarde ?
Mon seigneur l'a défendu.
Mon seigneur défend encore
Au pauvre enfant de parler ;
Et sa voix douce et sonore
Ne dit plus rien sans trembler.
Qu'il doit souffrir de se taire !
Pour causer quel temps perdu !
Mais, mon page, comment faire ?
Mon seigneur l'a défendu.
Les mots et tournures soulignés sont expliqués : survolez-les ou touchez-les. Voir le glossaire
❧
Pour prolonger la lecture
Choisis pour leur proximité de ton, de thème ou de voix.
Ne mêle pas l'esprit aux choses de la chair
"Sache, aux moments secrets où le corps est en fête,"
Amour
Beauté
Condition humaine
Une bonne fortune
"Il ne faudrait pourtant, me disais-je à moi-même,"
Amour
Beauté
Ciel
La promenade
"Oh ! ne me conduis plus dans ces fêtes frivoles"
Amour
Désir
Forêt
Se laisser surprendre
Explorez par affinité de thèmes, d'émotions, d'époque et de mouvement
- XIXe siècle
- Romantisme
- Rondeau
- Lyrique
- Amour
- Mélancolie
❧