L'oraison

Je reviens à vos pieds, Marie, Me sauver du malheur d'aimer : Ne vaut plus rien pour me calmer.
J'avais oublié de la dire Le soir qu'Olivier me parla : Triste, il parle comme on soupire, Et cette plainte me troubla.
J'en grondai mon âme étonnée : Vierge des pleurs, vous savez bien Que je fus trop infortunée Pour renouer un doux lien !
Et quand cette voix douloureuse Murmure et se plaint de son sort, Il faut que je sois bien peureuse Pour n'oser dire : Parle encor !
Je viens donc essayer d'apprendre Un secret, vous en avez tant ! Pour qu'il ne puisse me surprendre, Et qu'il devienne heureux pourtant !
Mais si je dois être guérie, Sans qu'il y trouve le bonheur, Il n'est pas d'oraison, Marie, Que je puisse apprendre par cœur !
❧
❧