La Belle au Bois dormant

Une princesse, au fond des bois, A dormi cent ans autrefois, Oui, cent beaux ans, tout d'une traite. L'enfant, dans sa fraîche retraite, Laissait courir le temps léger. Tout sommeillait d'elle : La brise n'eût pas de son aile Fait la moindre feuille bouger ; Le flot dormait sur le rivage ; L'oiseau, perdu dans le feuillage, Était sans voix et sans ébats ; Sur sa tige fragile et verte La rose restait : Cent printemps ne l'effeuillaient pas ! Le charme eût duré, je m'assure, À jamais, sans le fils du roi. Il pénétra dans cet endroit, Et découvrit Le trésor que Dieu lui gardait. Un baiser, bien vite, il dépose Sur la bouche qui, demi-close, Depuis un siècle l'attendait. La dame, confuse et vermeille, À cet inconnu qui l'éveille Sourit dans son étonnement. Ô surprise toujours la même ! Sourire ému ! Baiser charmant ! L'amour est l'éveilleur suprême,

Les mots et tournures soulignés sont expliqués : survolez-les ou touchez-les. Voir le glossaire

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