Hécatombe

La gloire de l'artiste est un feu qui consume ; A son foyer brûlant le flambeau qui s'allume Brille d'un vif éclat, mais tombe avant le soir : Il meurt, comme l'encens s'éteint dans l', Après que sur l'autel sa vapeur virginale Vers Dieu s'est élevée en suave spirale.
On dirait qu'ici-bas l'homme prédestiné Veut retourner au ciel pour lequel il est né, Et que toute âme ardente, avide d'harmonies, Aspire à s'exhaler aux sphères infinies : Mozart, Hérold, ainsi par la mort sont fauchés, Des phalanges d'en haut détachés, Vous glissez parmi nous ; vous nous faites entendre Des chants qu'à votre voix un ange dut apprendre : Puis, lassés de l'exil vous remontez vers Dieu : Hier ainsi loin de nous s'envola Boieldieu ; Et, tandis que nos pleurs mouillaient encore sa cendre, Dans le cercueil un autre était près de descendre : La mort, comme un vieillard dont le sort est fini, Beau, jeune et triomphant a frappé Bellini : Et peut-être déjà creuse-t-elle la tombe D'un génie, en naissant, promis à l' !

Les mots et tournures soulignés sont expliqués : survolez-les ou touchez-les. Voir le glossaire

❧
❧