Pan et la Fortune

Un jeune grand seigneur à des jeux de hasard Avait perdu sa dernière , Et puis joué sur sa parole : Il fallait payer sans retard ; Les dettes du jeu sont sacrées. On peut faire attendre un marchand, Un ouvrier, un indigent, Qui nous a fourni ses denrées ; Mais un escroc ? L'honneur veut qu'au même moment On le paye, et très poliment. La loi par eux fut ainsi faite. Notre jeune seigneur, pour acquitter sa dette, Ordonne une coupe de bois. Aussitôt les ormes, les frênes, Et les hêtres touffus, et les antiques chênes, Tombent l'un sur l'autre à la fois. Les , les , désertent les bocages ; Les en pleurs regrettent leurs ombrages ; Et le dieu Pan, dans sa fureur, Instruit que le jeu seul a causé ces ravages, S'en prend à la Fortune : ô mère du malheur, Dit-il, infernale furie, Tu troubles à la fois les mortels et les dieux, Tu te plais dans le mal, et ta rage ennemie... Il parlait, lorsque dans ces lieux Tout-à-coup paraît la déesse. Calme, dit-elle à Pan, le chagrin qui te presse ; Je n'ai point causé tes malheurs : Même aux jeux de hasard, avec certains joueurs, Je ne fais rien. - Qui donc fait tout ? - L'adresse.

Les mots et tournures soulignés sont expliqués : survolez-les ou touchez-les. Voir le glossaire

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