Le satyre et le passant
Au fond d'un antre sauvage
Un Satyre et ses enfants
Allaient manger leur potage,
Et prendre l'écuelle aux dents.
On les eût vus sur la mousse,
Lui, sa femme, et maint petit :
Ils n'avaient tapis ni housse,
Mais tous fort bon appétit.
Pour se sauver de la pluie,
Entre un passant morfondu.
Au brouet on le convie :
Il n'était pas attendus.
Son hôte n'eut pas la peine
De le semondre deux fois.
D'abord avec son haleine
Il se réchauffe les doigts.
Puis sur le mets qu'on lui donne,
Délicat, il souffle aussi.
Le Satyre s'en étonne :
« Notre hôte, à quoi bon ceci ?
- L'un refroidit mon potage ;
L'autre réchauffe ma main.
- Vous pouvez, dit le sauvage,
Reprendre votre chemin.
Ne plaise aux dieux que je couche
Avec vous sous même toit !
Arrière ceux dont la bouche
Souffle le chaud et le froid ! »
Les mots et tournures soulignés sont expliqués : survolez-les ou touchez-les. Voir le glossaire
❧
Pour prolonger la lecture
Choisis pour leur proximité de ton, de thème ou de voix.
L'écolier, le pédant et le maître d'un jardin
"Certain Enfant qui sentait son collège,"
Classicisme
Colère
Condition humaine
Jupiter et le Métayer
"Jupiter eut jadis une ferme à donner."
Ciel
Classicisme
Condition humaine
L'huître et les plaideurs
"Un jour deux pèlerins sur le sable rencontrent"
Classicisme
Colère
Condition humaine
Se laisser surprendre
Explorez par affinité de thèmes, d'émotions, d'époque et de mouvement
- XVIIe siècle
- Classicisme
- Fable
- Didactique
- Nature
- Condition humaine
❧