Vere novo

Je ne sais pas pourquoi je me crois au printemps ; J'ai l'esprit travaillé d'un mystérieux rêve : Je me vois au milieu des arbres, et j'entends Dans les bourgeons courir le frisson de la .
J'ai le cœur et les yeux tout gonflés par les pleurs. Au fond de moi je sens un frémissement d'aile !... Comme il doit faire bon marcher parmi les fleurs ! Sur chaque tige humide éclôt une étincelle.
L'oiseau chante l'amour... Connaissez-vous les nids Et les insectes verts dans un creux de vieux saule ? Ô charmant souvenir ! quand nous étions petits, Nous nous grimpions, pour voir, l'un l'autre sur l'épaule.
J'ai d'étranges désirs... ainsi qu'en ont les fous ! À présent, je voudrais m'élancer dans l'espace ! Et je songe à la fois que ce doit être doux De suivre par les blés une fille qui passe.
Un jour, ils étaient deux qui s'en allaient ainsi : Je les vis, ces heureux, causer sous l'aubépine ; Deux oiseaux, étonnés, près d'eux chantaient aussi... Peut-être ils sont dans la même ravine !
Large d'amour, une immense chanson Palpite dans les airs au temps des feuilles vertes ; Un souffle d'inconnu ranime le buisson Et la blanche façade aux fenêtres ouvertes.
Non loin des amoureux, dans les gazons épais, Comme la ruche à miel bourdonne une famille. Les garçons querelleurs font la guerre et la paix ; La mère gravement parle à sa brune fille.
Le père, encor plus grave et les yeux vers l'azur, Conte à son fils aîné les destins de l'histoire, Et qu'il faut ici-bas, d'un cœur tranquille et sûr, Combattre pour le droit, et jamais pour la gloire !...
Mais, vain rêveur, , où t'en vas-tu si loin ? Tu te livres entier au rêve qui t'emporte, Pour revenir plus seul et plus triste en ton coin Où les vents font trembler ta lampe à demi morte !

Les mots et tournures soulignés sont expliqués : survolez-les ou touchez-les. Voir le glossaire

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