La grand'route

A midi, la , éclatante, flamboie Sous l'éclat des rayons que sa blancheur renvoie, Et, miroir aveuglant, force à clore les yeux. Tous les jours, sous le feu qui ruisselle des cieux, Même à midi, l'on voit cheminer sur ces routes Le facteur du canton suant à grosses gouttes, Un mouchoir blanc flottant sous son chapeau qui luit, Ayant boîte en sautoir, canne, et derrière lui Son chien qui, le nez bas, soufflant, serrant la queue, S'arrête quelquefois sous l'ombre rare et bleue Des pâles oliviers alignés sur le bord Que la poussière au gré du vent pâlit encor. Il voit d'un œil mi-clos, rangés en droites lignes, Les oliviers au loin s'étendre dans les vignes, Et, le long des fossés, des murs blancs où parfois S'ouvre un portail poudreux à la grille de bois, Ayant des deux côtés deux supports que surmonte Un jauni dans son vase de fonte.

Les mots et tournures soulignés sont expliqués : survolez-les ou touchez-les. Voir le glossaire

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