Souvenir de Naples

C'était un frais matin. Découpé dans l'azur En regard de Sorrente, au bord du golfe pur, Se balançait un laurier-rose ; Et sous la branche en fleurs un nid caché rêvait, Où deux petits oiseaux, jouant dans le duvet, Gazouillaient douce chose.
Pourquoi ce souvenir, mon cœur ? Oh qu'ils sont loin Ces temps où je foulais, libre et jeune de soin, La terre où Virgile a sa tombe ! Autour de moi, dans moi, tout change ! Il est midi ; Et dans le nid changé les oiseaux ont grandi : L'un est aigle, l'autre est colombe.
Sur les brises du Sud, jeune couple accouru, En vous des anciens jours tout a-t-il disparu ? Non : le cœur est resté le même. Soyez heureux ! Nature, et toi, dont la bonté Donna la force au frère, à la sœur la beauté, D'amour fais-leur un diadème.

Les mots et tournures soulignés sont expliqués : survolez-les ou touchez-les. Voir le glossaire

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