L'écusson

Il était une tour, avec porte. L' Laissait voir, dans la mousse, un écusson gothique.
La tour était massive, et la main d'un Samson, Taillé dans un seul bloc, dut poser l'écusson.
L'écu verdi semblait de quelque république Le bouclier de pierre, austère et symbolique.
« Près d'un aigle une clé; dans un astre, au-dessus, I—H—S ; puis ces trois mots : Post Tenebras Lux. »
Tel l'écu. — Le passant pressentait un problème Dans l'astre et la devise et sous le double emblème.
Je passai, je cherchai. Bientôt, d'un œil rêveur, Je lus dans I, H, S, Jésus Homme Sauveur ;
Et dans les mots profonds pris d'une langue antique, Après la nuit le jour ; devise prophétique.
Restaient l'aigle et la clé. Sous leur air fantastique, Quelle idée en secret se dérobait, mystique ?
Les cités, la nature et l'art ont une clé ; Si la clé ferme, elle ouvre ; et son sens est voilé.
L'aigle , libre et seul, sait défendre son aire, Brave et chasseurs et porte le tonnerre.
L'aigle ici veut-il dire Audace ou Liberté ? Et la clé Défiance ou bien Sagacité ?
Ainsi la foi, l'espoir, et prudence et fierté S'uniraient dans ton , écusson respecté !
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Jeune, je vis encor la porte et son attique, Vestige disparu de quelque ville antique.
Mais qu'ont à faire ici tour ou porte ? Et pourquoi Ce souvenir qui meurt vient-il revivre en moi ?
Ah ! j'ai beau l'étouffer sous une allégorie, Mon cœur entend ta voix et tressaille, ô patrie !

Les mots et tournures soulignés sont expliqués : survolez-les ou touchez-les. Voir le glossaire

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