Aux saints

Si, tous les matins de nos fêtes, Nous chantions tous avec amour Sur les harpes des saints prophètes Nos prières qui sont parfaites, Je ne serais pas dans la cour.
Si nous récitions nos prières Dans le crépuscule du soir Avec des lèvres régulières, Avant d’allumer les lumières, Je ne serais pas au .
Si les yeux remplis de beaux songes, Nous demandions, quand vient le jour, Au ciel qui voit tous nos mensonges L’humble foi du pêcheur d’éponges, Je ne serais pas dans la cour.
Et quand la lampe s’est éteinte, Si nous sentions sur nos lits noirs La caresse d’une aile sainte, Attendant que l’ tinte, Je ne serais pas au dortoir.
Si l’homme s’oubliait lui-même Pour ses frères, comme un retour Des bienfaits du Seigneur qui l’aime, Qui le marque de son , Je ne serais pas dans la cour ;
Et si nous, les fous de Bicêtre, Nous avions fait notre devoir, Le devoir dicté par son prêtre, Nous serions au parloir peut-être, Ce ne serait pas ce parloir.
Sans le diable qui nous malmène, Nul, avec les yeux de son corps, N’aurait vu ma figure humaine Dans la cour où je me promène Et dans le dortoir où je dors.
(Poème écrit à Bicêtre)

Les mots et tournures soulignés sont expliqués : survolez-les ou touchez-les. Voir le glossaire

❧
❧