Graziella

Elle croyait, hélas ! pauvre enfant du rivage, Pouvoir suivre en son vol et ses brûlants essors, L'âme de Lamartine, alors que sur la plage Il préludait près d'elle à ses premiers accords. Vierge et Napolitaine, à ces chants d'harmonie Son amour s'enflamma ; Mais pour s'être allumée aux flammes du génie Sa jeune âme se consuma.
Et l'on dit que sur la grève, Où dans son amoureux rêve Cet ange au ciel s'envola, La blanche vague murmure, Comme une voix fraîche et pure,
Chaque jour, elle allait se pencher sur l'abîme, De son regard au loin interrogeant les flots ; Enfin, mourant d'amour, la plaintive victime Se sentant défaillir, fit entendre ces mots : « Oh ! par pitié, reviens, beau poète de France ! Reviens, que je meure en tes bras ! » Et les échos des mers redisaient sa souffrance, Mais le poète ne vint pas.
Et l'on dit que sur la grève, Où dans son amoureux rêve Cet ange au ciel s'envola, La blanche vague murmure, Comme une voix fraîche et pure,
Mais un jour, entraîné par sa mélancolie Et le lien secret d'un premier souvenir, Le poète de France, aux rives d'Italie, Au toit du se plut à revenir ; Et trouvant vide alors ce doux nid de colombe, Cette cabane aux bords des mers, Il épancha sans bruit, en cherchant une tombe, De doux vers et des pleurs amers.
Car on dit que sur la grève, Où dans son amoureux rêve Son ange au ciel s'envola, La blanche vague murmure, Comme une voix fraîche et pure,

Les mots et tournures soulignés sont expliqués : survolez-les ou touchez-les. Voir le glossaire

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