À M. Le cardinal de Richelieu (I)
Fragments d'une ode. 1623 ou 1624. Grand et grand prince de l'église, Richelieu, jusques à la mort, Quelque chemin que l'homme élise, Il est à la merci du sort. Nos jours filés de toutes soies Ont des ennuis comme des joies ; Et de ce mélange divers Se composent nos destinées, Comme on voit le cours des années Composé d'étés et d'hivers. Tantôt une molle bonace Nous laisse jouer sur les flots ; Tantôt un péril nous menace, Plus grand que l'art des matelots : Et cette sagesse profonde Qui donne aux fortunes du monde Leur fatale nécessité N'a fait loi qui moins se révoque Que celle du flux réciproque De l'heure et de l'adversité.
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