À Aloys Blondel

Aloys, songes-tu quelquefois au poète Qui t'attirait entre ses deux genoux Et, mettant un baiser sur tes cheveux si doux, Admirait ton teint frais et ton rire de fête ?
Lui se souvient de toi. Devant ta blonde tête Il éprouvait, hélas ! comme un regret jaloux ; Car, privé du bonheur du père et de l'époux, Il vieillit, solitaire, et sa vie est mal faite.
Cher petit Aloys, ô fils de mon ami, Que l'ange du Seigneur qui te veille, endormi, Te fasse prendre un jour la route droite et sûre ;
Et, demeurant la joie et la fierté des tiens, En ton regard viril garde la clarté pure Que dans tes yeux d'enfant mit le ciel d'où tu viens.

Les mots et tournures soulignés sont expliqués : survolez-les ou touchez-les. Voir le glossaire

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