Bien que déjà, ce soir

L'automne Laisse aux et aux , Comme des mains dorées, Lentes, les feuilles , Bien que déjà l'automne, Ce soir, avec ses bras de vent, Moissonne, Sur les rosiers fervents Les pétales et leur pâleur, Ne laissons rien de nos deux âmes Tomber soudain avec ces fleurs.
Mais tous les deux, autour des flammes De l' en or de souvenir, Mais tous les deux, blottissons-nous, Les mains au feu et les genoux.
Contre les deuils cachés dans l'avenir, Contre le temps qui fixe à toute ardeur sa fin, Contre notre terreur, contre nous-mêmes enfin, Blottissons-nous, près du foyer, Que la mémoire en nous fait flamboyer.
Et si l'automne A grands pans d'ombre et d'orages planants, Les bois, les pelouses et les étangs, Que sa douleur du moins n'altère L'intérieur jardin tranquillisé, Où s'unissent, dans la lumière, Les pas égaux de nos pensées.

Les mots et tournures soulignés sont expliqués : survolez-les ou touchez-les. Voir le glossaire

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