Paysage

À travers les massifs des pâles oliviers L'Archer resplendissant ses belles flèches Qui, par endroits, plongeant au fond des sources fraîches, Brisent leurs pointes d'or contre les durs graviers.
Dans l'air silencieux ni souffles ni bruits d'ailes, Si ce n'est, enivré d'arôme et de chaleur, Autour de l' et du en fleur, Le murmure léger des abeilles fidèles.
Laissant pendre sa flûte au bout de son bras nu, L', renversé sur le rameau qui ploie, Rêve, les yeux mi-clos, avec un air de joie, Qu'il surprend l' en son inconnu.
Sous le feuillage lourd dont l'ombre le protège, Tandis qu'il sourit d'aise et qu'il se croit heureux, Un large papillon sur ses rudes cheveux Se pose en palpitant comme un flocon de neige.
Quelques nobles béliers aux luisantes toisons, Grandis sur les coteaux fertiles d'Agrigente, Auprès du roc moussu que l'onde vive argente, Dorment dans la moiteur tiède des noirs gazons.
Des chèvres, çà et là, le long des verts arbustes, Se dressent pour atteindre au bourgeon nourricier, Et deux boucs, au poil ras, dans un élan guerrier, En se heurtant du front courbent leurs cols robustes.
Par delà les blés mûrs alourdis de sommeil Et les sentiers poudreux où croît le , Semblable au clair métal de la riche Korinthe, Au loin, la mer tranquille étincelle au soleil.
Mais sur le thym sauvage et l'épaisse mélisse Le pasteur accoudé repose, jeune et beau ; Le reflet lumineux qui rejaillit de l'eau Jette un fauve rayon sur son épaule lisse ;
De la rumeur humaine et du monde oublieux, Il regarde la mer, les bois et les collines, Laissant couler sa vie et les heures divines Et savourant en paix la lumière des cieux.

Les mots et tournures soulignés sont expliqués : survolez-les ou touchez-les. Voir le glossaire

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