La tête de Kenwarc'h

Loin du cap de Penn'hor, où hurlait la mêlée Sombre comme le rire amer des grandes eaux, Bonds sur bonds, queue au vent, crinière échevelée, Va ! Cours, mon bon cheval, en ronflant des naseaux.
Qu'il est sombre, le rire amer des grandes Eaux !
Franchis roc, val, colline et bruyère fleurie. Sur le funèbre cap que la mer ronge et bat, Kenwarc'h le chevelu, le vieux loup de Kambrie, , mort, dans la moisson épaisse du combat.
Oh ! Le cap de Penn'hor que la mer ronge et bat !
Cris et râles ont fait silence sous la nue : L'âme des braves vole à l'étoile du soir, La tête de Kenwarc'h pend sur ma cuisse nue Et d'un flux rouge et chaud asperge ton poil noir.
L'âme farouche vole à l'étoile du soir !
Oc'h ! Le corbeau joyeux fouille sa blanche gorge ; Moi, j'emporte sa tête aux yeux ardents. Par lourds flocons, pareille à la mousse de l'orge, L'écume, avec le sang, filtre à travers ses dents.
Voici sa tête blême aux yeux naguère ardents !
Je ne l'entendrai plus, cette tête héroïque, Sous la d'or roux commander et crier ; Mais je la planterai sur le fer de ma pique : Elle ira devant moi dans l'ouragan guerrier.
Oc'h ! Oc'h ! C'est le Saxon qui l'entendra crier !
Elle me mènera, Kenwarc'h ! au lâche Qui t'a troué le dos sur le cap de Penn'hor. Je lui romprai le cou du marteau de ma hache Et je lui mangerai le cœur tout vif encor !
Kenwarc'h ! Loup de Kambrie ! oh ! le Cap de Penn'hor !

Les mots et tournures soulignés sont expliqués : survolez-les ou touchez-les. Voir le glossaire

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