Tu sommeilles, je vois tes yeux sourire encore

Tu sommeilles ; je vois tes yeux sourire encore. Ta gorge, ainsi deux beaux prennent l'essor, Se soulève et s'abaisse au gré de ton haleine. Tu t'abandonnes, lasse et nue et tout en fleur, Et ta chair amoureuse est rose de chaleur. Ta main droite sur toi se coule au creux de l'aine, Et l'autre sur mon cœur crispe ses doigts nerveux. Ce taciturne émoi flatte ma convoitise. Ta bouche est entrouverte et ton souffle m'attise Et le mien qui s'anime agite tes cheveux.
Vivant sachet rempli de , de et d'ambre, Tu répands tes parfums irritants dans la chambre. Je te respire avec ivresse en caressant, Comme un sculpteur modèle une onctueuse argile, Ton corps flexible et plein de jeune bête agile. La lumière étincelle à tes cils, et le sang Peint une branche bleue à ta tempe fragile. La courbe qui suspend à l'épaule ton sein Emprunte aux purs coteaux nocturnes leur dessin. Ta peau ferme a le grain du marbre et de la rose ; Et moi je dis tout bas, pendant que je repose Mon regard amoureux sur tes charmes choisis : « La gazelle couchée au frais de l'oasis N'est pas plus douce à voir que la femme endormie, Et les lys du matin jalousent mon amie. »

Les mots et tournures soulignés sont expliqués : survolez-les ou touchez-les. Voir le glossaire

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