Le temps n'a point pâli ta souveraine image
Telle qu'un jour d'été, jadis, tu m'apparus,
Debout, battant du linge au bord d'un sarcophage,
Je te revois, fille aux bras nus.
C'est dans une prairie où la chaleur frissonne,
Où, comme un brasier vert, l'herbe s'incline au vent.
Un platane robuste à la belle couronne
T'abrite du soleil brûlant.
Je t'observe à travers les branches d'une haie.
Sur l'auge de granit tu presses tes genoux ;
Du bruit de ton battoir l'écho prochain s'égaie,
Et l'eau rejaillit sous tes coups.
La palette de bois s'abat, et tu te penches ;
Ton bras monte, une part de ta gorge le suit,
Et dans ce mouvement ta chemise sans manches
Découvre l'aisselle qui luit.
Un rayon de soleil mystérieux se traîne
Sous le feuillage où flotte un tendre clair-obscur.
Les toiles que tes mains trempent dans la fontaine
Sortent ruisselantes d'azur.
Et moi, le front soumis à l'immense lumière,
J'assiste avec un plein transport de volupté
Aux gestes que tu fais dans l'ombre, lavandière
Ignorante de ta beauté.
Les mots et tournures soulignés sont expliqués : survolez-les ou touchez-les. Voir le glossaire
❧
Pour prolonger la lecture
Choisis pour leur proximité de ton, de thème ou de voix.
Petites violettes blanches
"J'aime ce cadre de printemps"
Ballade
Eau
Lumière
L'interprète
"L'inclinaison de ce vieux saule"
Eau
Lumière
Lyrique
Une Sainte en son auréole
"Une Châtelaine en sa tour,"
Beauté
Ciel
Lumière
Se laisser surprendre
Explorez par affinité de thèmes, d'émotions, d'époque et de mouvement
❧