Tu mettrais l'univers entier dans ta ruelle
Femme impure ! L'ennui rend ton âme cruelle.
Pour exercer tes dents à ce jeu singulier,
Il te faut chaque jour un coeur au râtelier.
Tes yeux, illuminés ainsi que des boutiques
Et des ifs flamboyants dans les fêtes publiques,
Usent insolemment d'un pouvoir emprunté,
Sans connaître jamais la loi de leur beauté.
Machine aveugle et sourde, en cruautés féconde !
Salutaire instrument, buveur du sang du monde,
Comment n'as-tu pas honte et comment n'as-tu pas
Devant tous les miroirs vu pâlir tes appas ?
La grandeur de ce mal où tu te crois savante
Ne t'a donc jamais fait reculer d'épouvante,
Quand la nature, grande en ses desseins cachés,
De toi se sert, ô femme, ô reine des péchés,
- De toi, vil animal, - pour pétrir un génie ?
Ô fangeuse grandeur ! sublime ignominie !
Les mots et tournures soulignés sont expliqués : survolez-les ou touchez-les. Voir le glossaire
❧
Pour prolonger la lecture
Choisis pour leur proximité de ton, de thème ou de voix.
Beauté des femmes
"Beauté des femmes, leur faiblesse, et ces mains pâles"
Baiser
Beauté
Condition humaine
La destruction
"Sans cesse à mes côtés s'agite le Démon ;"
Angoisse
Condition humaine
Désert
Explication
"Le bonheur de saigner sur le cœur d'un ami,"
Amour
Baiser
Condition humaine
Se laisser surprendre
Explorez par affinité de thèmes, d'émotions, d'époque et de mouvement
- XIXe siècle
- Symbolisme
- Vers libres
- Lyrique
- Beauté
- Condition humaine
❧