Je me souviens d'un paysage
Où la neige molle tombait, Pareille à l'indolent plumage D'un grand oiseau qui se dévêt. Assise près de la croisée, Je regardais le sol blanchir Et les ramures dénudées Sous les flocons s'épanouir. On eût dit une moisson triste D'herbe pâle qui s'étendait, Où le cœur perdu somnolait Sans savoir même qu'il existe ; Et lointains, les oiseaux nageaient Dans l'eau dormante de la brume Comme des oiseaux plus légers Qui ne seraient faits que de plumes.