Les deux dindons
Fable XVII, Livre III. Deux dindons s'engraissaient dans une métairie ; Égaux en droits : l'un d'eux croyait pourtant valoir Bien plus que son confrère. Hé pourquoi, je vous prie ? Parce qu'il était blanc, et que l'autre était noir. Aussi Dieu sait quels droits à la prééminence Par un tel avantage il se croyait acquis, Toisant son commensal de l'œil dont un marquis Regarde un homme, de finance. Vient cependant la Saint-Martin. Le maître invite sa famille ; Le maître ordonne un grand festin : Il célébrait sa fête et mariait sa fille. Or ce jour de bombance et d'indigestion, Inscrit par La Reynière au rang des jours célèbres, Est pour la basse-cour un jour des plus funèbres. Le poulailler fut mis à contribution. Dans le garde-manger dès la veille on admire Deux compagnons de truffes parfumés. Lequel des deux fut blanc ? on ne saurait le dire, Car tous les deux étaient plumés. Ainsi, sous l'éclat dont il brille, Tel homme paraît sans égal, Jusqu'au moment triste et fatal Qui pour jamais nous déshabille.
❧
Pour prolonger la lecture
Choisis pour leur proximité de ton, de thème ou de voix.
En passant dans la place Louis XV
"UN JOUR DE FÊTE PUBLIQUE ."
Mémoire
Révolte
Condition humaine
Aux femmes
"Et vous, l'ancienne esclave à la caresse amère,"
Révolte
Condition humaine
Mélancolie
Un art négligé
"Pour voir, pour juger, pour sentir"
Mémoire
Art
Condition humaine
Se laisser surprendre
Explorez par affinité de thèmes, d'émotions, d'époque et de mouvement
- XIXe siècle
- Fable
- Méditatif
- Condition humaine
- Mélancolie
❧