Le singe et le philosophe

Fable XIII, Livre II.
En Chine, un animal, singe de son métier, Crut, comme bien des gens, que, s'il changeait de cage, Il changerait de personnage. Profitant donc de l'heure où le saint du quartier, Chez le peintre où le charpentier, Se trouvait en raccommodage, Il se loge en sa niche ; et, composant son ton, Du qu'il supplée affectant l'air , Il se dit, on le croit le patron du canton. Le petit peuple se prosterne ; dévote aussi. Cent fois j'ai rencontré Mainte dévote aux pieds de saints de moindre étoffe. L'exemple avait gagné quand un jeune lettré, Fils de Confucius, apprenti philosophe, Avisant le , qui, toujours méconnu, De sa parfumée Humait les vœux et la fumée, Lui donna cet avis, qu'on a peu retenu : « Hors d'ici, que l'on ne te chasse, Sot qu'un plus sot vient adorer ; La place ne peut t'honorer, Et tu déshonores la place. »

Les mots et tournures soulignés sont expliqués : survolez-les ou touchez-les. Voir le glossaire

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