Le mulot et l'éléphant
Fable XI, Livre II.
Un jour, tout en philosophant,
Tout en promenant ses pensées,
Une bête des plus sensées...
Un homme ?... non, un éléphant,
D'un mulot sous ses pieds rencontra la retraite.
La voûte ici n'était pas faite
Pour porter un tel poids : comme on l'a deviné,
Maître et maison, d'un pas, tout fut exterminé.
Et puis après que l'on prétende
Que pour notre bien seul les grands penseurs sont nés.
Bref, la petite bête échappait, si la grande
Eût pu voir une fois jusqu'au bout de son nez.
« Barbare, s'écriait, en sa douleur amère,
Du malheureux défunt l'inconsolable mère,
Que le ciel punisse ton forfait !
Hélas ! quel mal t'avait-il fait,
Mon pauvre enfant ? — Aucun, sans doute ;
Mais faut-il vous en prendre à moi ?
Dit le rêve-creux, et pourquoi
S'est-il rencontré sur ma route ? »
Monseigneur passe ; amis, rangeons-nous de côté.
Sous ses pas, croyez-moi, bien fou qui se hasarde :
S'il ne vous fait du mal par volonté,
II vous en fera par mégarde.
Les mots et tournures soulignés sont expliqués : survolez-les ou touchez-les. Voir le glossaire
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